Un mur porteur en terre crue avec Gérard Vivès

Gérard Vivès est un pionnier de la BTC (Brique de Terre Compressée pour les intimes) en terre crue en France. J’ai la chance de partager 3 semaines de ses chantiers avec lui.

Commençons d'abord par ce qu'il a fait chez lui : la restauration d'un gîte qui se trouve sur le chemin de St Jacques de Compostelle, à l'isle-Arné dans le Gers

Le cadre est magnifique
Le gîte utilise uniquement des solutions éconologiques ou plus simplement des techniques qu'utilisaient "les anciens"
Lorsque l'on pénètre dans ce gîte, l'ambiance y est envoûtante

Au fond, une cheminée de masse en terre crue qui doit atteindre les 5 tonnes ! Je l'ai testé en février dernier et elle fonctionne très bien.

 La brique de terre crue est utilisée autant pour construire des arcs que des murs. 

Bien sûr l'existant, considéré parfois comme fragile tout en ayant plusieurs dizaines voire centaines d'années, est non seulement conservé mais aussi valorisé :

Passons maintenant à la pratique. Nous partons lundi matin, dès l'aube pour terminer de construire un mur en BTC. Le village se nomme Osse sur Asp et se trouve donc très près de l'Espagne.

 Auparavant Gérard avait fait livrer 10 palettes de magnifiques BTC. En voici un reste
 qu'il avait confectionnée avec sa machine semi-automatique

Nous arrivons donc chez Myriam. Le mur est presque terminé mais il manque 4 niveaux à certains endroits. L'épaisseur du mur est de 30 cm et la BTC qui mesure 30 x 20 x 11,5 environ pèse près de 13 kg.

Les BTC sont stabilisées avec 3% de ciment. Un "soubassement" avec 15 cm de foraine avait été maçonné. Ce "soubassement" servira surtout de plinthe puisque ce mur porteur séparera l'habitation d'un local professionnel.

Les briques de terre crue de plus près

Par ailleurs, nous avons rencontré Roland (le père de Myriam), maçon spécialisé en pierre sèche. Il organise d'ailleurs des stage de mur de soutènement en pierre sèche dans les Cévènnes (Association ABPS : Artisans bâtisseurs en Pierre Sèche : 04 66 45 92 98)… Voici ce qu'il a fait, en version maçonné à la chaux, chez sa fille avec des pierres récupérées :

Revenons à notre mur porteur. Une fois l'échafaudage installé, nous préparons notre mortier. La terre est très argileuse (environ 30%), comme le mur est porteur, nous stabilisons notre mortier avec un peu de chaux. Pour 15 pelles de sable, nous ajoutons 3 pelles de terre et 2 pelles de chaux.

  En haut, la vue est agréable

En deux jours, nous aurons monté environ 1,5 tonnes de terre. Et voilà note mur porteur près à recevoir son arase puis ses briques de terre cuite (contrainte de l'architecte et coût moindre Myriam).

Les briques de terre cuite (les 2 rangées qui se trouvent au dessus de la porte) ont une double fonction :

1) Décorative

2) chaînage. Attention, ce ne sont pas elles qui assurent le chaînage. Il y a 15 de béton de ciment coulé au centre. La solution éconologique que Gérard a mis en place chez lui est la suivante :

- utilisation de bambou à la place des fers à béton (couper les les noeuds des bambous à 1,5 cm environ pour avoir plus d'accroche)

- Utilisation de chaux hydraulique (NHL5) à la place de ciment.

Prochain article : restauration d'une génoise d'un pigeonnier.

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